UN ROUGH…

 

 

Rough

 

Pendant les études qui mènent à la profession de designer, nous ne cessons d’apprendre à communiquer par « rough ». Les projets sont donnés à voir sous la forme d’un aperçu visuel. Pour ne pas s’égarer dans les détails et aller à l’essentiel, il faut utiliser une écriture basique,  maitriser une expression universelle. Tout document, grâce à des modes conventionnels de représentation (la perspective, la descriptive, l’étude documentaire, la représentation 3D, etc) est fait pour comprendre et apprécier les qualités esthétiques et fonctionnelles de notre projet. Le dessin est un outil de transaction. Le rough est un dessin rapide, se pratique avec des feutres, sur des papiers dits lay-out, fins et lisses, relativement transparents, des calques  et du lavis technique,  qui valorisent un dessin précis, figuratif et très annoté. Ces étapes de recherche précèdent celles à l’écran qui permet de produire des fichiers numériques. Après notre passage dans les arts appliqués, il s’avère difficile de laisser de côté ce que nous avons mis tant de temps à assimiler. Mieux… nous prenons goût à cette forme de « captation » rapide, nette et communicative. Nous avons fait nôtre ces façons universelles et efficaces, cette manière de représenter choses et personnages.

 

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L’art et le dessin, la peinture…

Au fil des ans,  un dessin sûr, « juste » est là mais ce n’est pas forcément lui que nous recherchons. Je ne suis devenue « artiste » que petit à petit, par « nécessité intérieure » dirait Vassily Kandinsky. Je n’ai jamais cessé de faire mes carnets de route.  En voyages et vacances, il m’est arrivé de croquer sur le vif avec des papiers de tous formats, récupérés à la hâte en faisant mes bagages, quelques restes de couleur trouvés ça et là. J’ai dessiné avec ce miminum d’organisation, devant un modèle, un bout de nature, sans aucun document de référence et me remémorant la phrase célèbre de Picasso : “Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge.”

L’art, c’est ça : faire librement, guidé par une force intérieure.

Nous commençons à nous égarer par pur plaisir dans des formes qui n’appartiennent qu’à nous. Plus personnelles, plus intimes, plus artistiques, qui ne sont rien d’autre que le prolongement de nos pensées et de nous-mêmes. Nous  engageons notre esprit dans des conduites intellectuelles et dans des valorisations affectives qui sont en rupture avec ce que nous avons fait avant. Je me retrouve aujourd’hui par ma pratique artistique du dessin et de la peinture dans un monde de liberté totale, parfois en opposition avec le système mental et le jeu des valeurs qui sont au coeur des enjeux dans la culture du design. Le franchissement des frontières et des limites créatives entre l’art et de design deviennent un autre but à par entière. Le décloisonnement et la transversalité un moyen de se réaliser sans forcément se départager…

 

Décloisonnement

Cette double dimension peut-être enseignée ou pointée dans les enseignements mais non favorisée. Nous devons en effet  d’abord respecter la spécificité de chaque discipline, de chaque profession afin que l’insertion dans le monde du travail soit facilitée. Avant d’enfreindre les règles, il faut les accepter pour mieux les dépasser ensuite. Le « process » est chaque fois particulier, les démarches en vue d’une commande dépendent du contexte. Il n’existe pas de « standard ».

Aveu

Me voici arrivée au but de ce texte  à ce qui me caractérise : c’est la situation, l’environnement dans lequel je me trouve, mon état, les émotions,  le ressenti, l’expérience. Je me suis pas vraiment empirique car je travaille et crée avec des savoirs et des méthodes bien « huilées » . En revanche, il m’est impossible de tout  prévoir à l’avance car ce serait me priver du meilleur des mes découvertes ! J’essaie de ne pas être dogmatique et conventionnelle car ce serait purement une frustration… Ce serait aussi s’empêcher d’être artiste.

 

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